Guía Argelia : Survol de l'Algérie

Paysage de Djanet.
Paysage de Djanet.
Géographie
Wilayas
Wilayas

L'Algérie, au centre du Maghreb dont elle est le plus grand pays, se situe entre la mer Méditerranée qui la borde au nord sur un millier de kilomètres et le tropique du Cancer qui la traverse dans sa partie méridionale. Elle est également le second plus grand pays d'Afrique et le 10e du monde par son étendue.
Ses frontières terrestres sont délimitées par la Tunisie et la Lybie (965 km et 980 km), le Niger au sud-est (955 km), le Mali au sud-ouest (1 375 km), la Mauritanie (465 km), le Sahara occidental (42 km) et le Maroc (1 560 km). Son nom dérive du même nom arabe que celui d'Alger, El-Djezaïr, qui signifie " île ". Le nom Djezaïr vient lui-même de l'expression Bagh El-Djezaïr, " le pays des îles ", qui désignait l'ensemble du Maghreb (le Maroc, la Tunisie et le territoire central). Maghreb signifiait " pays du couchant " pour les Arabes.
Sur la majeure partie de son territoire - 2 381 741 km2, soit 4 fois la France -, le pays se présente comme un immense désert délimité au nord par une frange de 200 à 350 km de largeur le long du littoral méditerranéen. Les 1 000 km de côtes présentent des échancrures marquées : golfe d'Oran, baie d'Alger, golfes de Bejaïa, de Skikda et d'Annaba.

Relief. L'Algérie se caractérise par cinq grandes zones géographiques distinctes parallèles à la Méditerranée et se suivant du nord au sud : le Tell côtier, l'Atlas tellien, les hauts plateaux, l'Atlas saharien et le Sahara. Dans ces grandes régions viennent s'imbriquer de plus petites zones bien délimitées comme la Kabylie, les Aurès ou les oasis du Sahara.

Le Tell est la région la plus septentrionale. Bénéficiant d'un climat méditerranéen, il s'agit d'une étroite bande côtière où se sont rassemblées la plupart des plus grandes villes et les cultures vivrières. Le plus souvent escarpée, rocheuse et déchirée de criques, la côte au relief et aux couleurs typiquement méditerranéens domine la mer de ses routes dessinées en corniche. Cette région est délimitée au sud, sur 1 200 km de long et 125 km de large, par une chaîne de montagnes, l'Atlas tellien, qui s'étend parallèlement à la côte de la région de Tlemcen à la frontière marocaine aux environs d'Annaba. L'Atlas regroupe les monts de Tlemcen, l'Ouarsenis à l'est d'Oran (1 985 m), les monts du Sahel d'Alger, le massif du Djurdjura (Lalla Khadidja, 2 308 m) et les monts du Constantinois, séparés par des vallées et des plaines dont la plaine du Sig, la vallée de l'oued Chélif, la plaine de la Mitidja au sud d'Alger, la plaine d'Annaba et l'oued Seybouse, les hautes plaines de Sétif et de Constantine. L'oued Chélif, la principale rivière algérienne, prend sa source dans l'Atlas pour se jeter 700 km plus loin dans la Méditerranée.
Au nord-est de l'Atlas saharien, à peu de distance de la côte, le massif du Djurdjura forme une barrière calcaire dont les pics isolés, étincelants de neige tard après l'hiver, peuvent dépasser les 2 000 m d'altitude.
Sources et neige approvisionnent des torrents qui ont sculpté les pentes en profonds ravins en direction de l'oued Sebaou contraint par un relief mouvementé. Les failles profondes ont poussé les hommes à s'installer sur les crêtes.
L'Atlas tellien s'élève jusqu'à une région de hauts plateaux qui courent en diagonale, à une altitude moyenne de 1 000 m, du sud marocain au nord-ouest tunisien. Les vastes plaines steppiques sont creusées de dépressions (chott El-Chergui et chott El-Hodna) qui, si elles retiennent l'eau durant la saison humide, deviennent des lacs salés en saison sèche. Battus par les vents, les hauts plateaux caillouteux s'écrasent sous la chaleur estivale alors que les hivers sont très froids. Peu de végétation résiste, sauf quelques herbes broutées par les troupeaux et l'alfa, une graminacée de l'ouest qui a longtemps fait la richesse de l'Algérie. Les hautes plaines orientales sont le domaine de la culture céréalière. Le paysage change un peu autour de Bou Saada, la principale ville des hauts plateaux entourée de palmeraies et de quelques dunes.
Parallèle aux hauts plateaux, l'Atlas saharien est formé de plusieurs chaînes montagneuses successives : le djebel Amour au sud-ouest, le djebel Ouled Naïl au centre et les monts du Ziban et les Aurès au nord-est. Plus arrosé que les hauts plateaux, l'Atlas saharien constitue une bonne région de pâturages avant de descendre vers la quatrième grande zone géographique, le Sahara.
Au sud de Constantine et de Batna, l'Atlas tellien rejoint l'Atlas saharien dans le massif calcaire des Aurès, constitué de petites chaînes rocheuses dont les crêtes sont souvent boisées de chênes et de cèdres. De cols dépassant parfois les 2 000 m d'altitude en vallées dont la terre rouge fait le bonheur des oasis, on peut y passer d'un paysage forestier à un tableau annonçant le proche Sahara. Les Aurès, peuplés de Berbères chaouis agriculteurs, ont souvent été à l'origine de rébellions contre les envahisseurs successifs de l'Algérie, résistance facilitée par l'isolement du massif, sa difficulté d'accès et son relief.
Le Sahara occupe plus de 85 % du territoire algérien, soit 2 millions de km2 ou encore, en gros, 2 000 km d'ouest en est (de Tindouf à Djanet) et 1 500 km du nord au sud (de Laghouat à In-Guezzam à la frontière du Niger). Il est constitué de vallées sèches (oued Saoura), d'immenses plaines sablonneuses (Grand Erg Occidental et Oriental au nord), de plateaux (Tademaït, Tassilis, Tanezrouft) et de massifs montagneux comme le Hoggar, un massif volcanique large de 800 km et culminant au mont Tahat à 2 908 m selon Bibendum et à 3 003 ou 3 010 m selon d'autres sources. Loin des images de dunes et de sable, le Sahara change constamment de visage. Les regs (vastes étendues pierreuses) sont quelquefois bordés d'ergs (dunes), de hamadas (plateaux calcaires ou de grès ponctués de cratères), de serirs (plateaux couverts de rocaille), de tassilis (plateaux) ou de sebkhas (dépressions couvertes de sel). Les oasis des Zibans, de la vallée du M'Zab, du Touat, du Gourara, du Tassili n'Ajjer et du Hoggar viennent ponctuer ces paysages souvent lunaires.

Hydrographie. Les cours d'eau d'Algérie sont assez peu remarquables puisque la plupart du temps asséchés au fond d'un wadi. Mais il suffit d'une bonne averse pour qu'ils reprennent vie et parfois dangereusement pour les constructions qui s'y sont installées en toute quiétude puisque l'oued n'est " pas venu " depuis une bonne dizaine d'années. Quant aux rivières qui coulent tout au long de l'année, leurs cours sont assez réduits dans des bassins de petite taille dirigés vers la mer. Sur les hauts plateaux, quand le débit est trop faible pour creuser une vallée, les eaux stagnent dans des chotts où elles s'imprègnent de sel ; les chotts Melrhir (- 40 m), El-Hodna et Ech-Chergui sont les plus grands d'entre eux, suivant d'est en ouest une ligne parallèle aux Atlas, qui commencent à la hauteur de Gabès en Tunisie.

Le plus grand fleuve du pays est l'oued Chélif qui prend sa source dans l'Atlas tellien, au sud de Médéa, et qui coule parallèlement à la mer pour se jeter 700 km plus loin dans la Méditerranée au-dessus de Mostaganem. Le kabyle oued Sébaou descend des monts du Djurdjura et se jette dans la mer juste à l'ouest de Dellys. Dans l'Atlas tellien, nombre de sources très minérales ont des vertus thérapeutiques déjà connues des Romains qui y ont édifié les premières stations thermales.
Les fleuves anciens du Sahara qui naissaient dans l'Atlas saharien ont disparu. Restent leurs vallées qui, vues d'avion, dessinent le territoire de façon surprenante tant elles sont nombreuses. Quand ils sont devenus souterrains, les oueds alimentent les puits des oasis et des palmeraies.

Petit lexique géographique

barkane : dune en formation

chott : dépression formée par un ancien lac

daïa : mare asséchée

djebel : mont

erg : région de dunes

guelta : mare permanente retenue dans une vasque rocheuse (aguelman en tamachek)

hamada : haut plateau rocailleux dépourvu de végétation

oued : lit d'une rivière souvent asséchée mais qui peut enfler considérablement en période de pluie

ramla : sable et dune de sable

reg : grande étendue plate et caillouteuse

sebkha : lac asséché

sif : crête effilée d'une dune. Le mot désigne également la lame d'un couteau

wadi : vallée plus ou moins large creusée par un oued.

A lire

Saharas d'Algérie : les paradis inattendus, d'Alain Sèbe, 2003. Dirigé par un spécialiste, l'ouvrage résulte du travail d'une équipe algéro-française.

Pays, paysages, paysans d'Algérie (CNRS, 1996), L'Algérie (Masson, 1996) et L'Algérie : espace et société (Masson, 1999), de Marc Coté. Analyses géographiques.

Algérie, Regards croisés, ouvrage collectif dirigé par Freddy Ghozland, Milan/Marsa, 2003. Regards sur leur pays de photographes et d'écrivains algériens. L'un des meilleurs livres montrant l'Algérie actuelle.

Le Tassili des Ajjer, de Malika Hachid, Paris Méditerranée, 1998. Préfacé par Marceau Gast et Théodore Monod et écrit par une préhistorienne ancienne directrice du parc national du Tassili, cet énorme livre est la meilleure référence actuelle sur le plus formidable des musées de peintures et gravures rupestres.

L'Algérie contemporaine, de Bernard Cubertafond, Que sais-je ? Presses Universitaires de France, 1999.

L'Algérie vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand, Editions de la Martinière, 2005 (à voir également sur www.yannarthusbertrand.com). Une façon inédite et maintenant bien connue d'appréhender paysages et modes de vie.

Algérie : Terre de contrastes, de Yacine Ketfi, Boualèm Souibès et Aldo Herlaut, National Geographic, 2006.

Algérie, " Soyez les bienvenus ! ", de Claire et Reno Marca, Edition Aubanel, 2008. Un magnifique carnet de voyage composé de textes, photos, cartes et illustrations retraçant un périple de plus de quatre mois à travers le pays.

Climat

Dans un paysage aussi contrasté, le climat varie énormément, du type méditerranéen au type saharien. Au nord, les étés chauds et secs (25 °C en moyenne en été) dominés par les hautes pressions subtropicales succèdent aux hivers humides et frais (11 °C), plus tempérés à proximité de la mer, plus rudes en altitude. En règle générale, la zone orientale reçoit plus de pluies (environ 2 000 mm) que son pendant occidental, protégé des perturbations par le Rif et le Moyen Atlas marocain. Alger est connu pour son atmosphère estivale parfois " lourde " et orageuse, difficilement supportable. Les hauts sommets de l'est restent couverts de neige d'octobre à juin. Du fait de son altitude, l'Atlas tellien est un peu plus frais et humide, même s'il connaît à peu près les mêmes tendances climatiques. Les hauts plateaux dominés par l'aridité de type continental (200 à 400 mm de pluie, principalement au printemps) connaissent des températures extrêmes. En été, un vent chaud et sec provenant du Sahara, le sirocco qui rend fou (aussi appelé chehili, khamsin), entraîne une diminution du taux de précipitation sur les hauts plateaux et dans l'Atlas saharien. Protégé de l'influence marine de la Méditerranée par les chaînes montagneuses, le Sahara reçoit très peu d'eau (moins de 120 mm en moyenne au nord, moins de 30 mm dans le sud) mais certaines zones du désert peuvent être violemment arrosées pendant un orage et les oueds, qu'on croit souvent sans vie, s'emplir brutalement d'eau, ce qui les rend dangereux. Les températures y sont élevées (jusqu'à 50 °C à In-Salah), adoucies cependant par l'altitude, mais peuvent étonnamment contraster en hiver où les nuits sont très froides (0 °C). L'aridité du climat est accentuée par le simoun, un vent de sable parfois très violent. Le taux d'humidité le plus faible a été enregistré à Tamanrasset : 3 %.

Températures moyennes (en °C)
AlgerTamanrassetTimimoun
Janvier151210
Février161415
Mars171818
Avril202022
Mai232527
Juin263032
Juillet283035
Août292834
Septembre272530
Octobre232023
Novembre191817
Décembre161412
Environnement – écologie
Pèlerins chrétiens marchant dans le désert du Hoggar.
Pèlerins chrétiens marchant dans le désert du Hoggar.

L'environnement et l'écologie ne font pas partie des problèmes à traiter en priorité en Algérie. Dans les villes et surtout les zones périphériques étouffées par un développement anarchique, le traitement des déchets est encore mal géré. Les campagnes de sensibilisation de la population se sont cependant multipliées ces dernières années et la situation tend à s'améliorer. Mais l'état des nappes phréatiques en a déjà sûrement fait les frais. Quant à la propreté des plages publiques, elle laisse souvent à désirer, même si des efforts sont faits pendant la saison estivale.
Dans les zones où la déforestation a été importante, le sol qui n'est plus protégé par la végétation se dégrade très vite sous l'effet de l'érosion et fait envisager de gros problèmes écologiques dont les glissements de terrain et les torrents de boue en période de pluie sont les plus spectaculaires.
Autres manifestations naturelles en Algérie : les tremblements de terre. Ils ont souvent de graves répercussions comme on l'a vu lors du séisme du 21 mai 2003. Avec une magnitude de 6,7 sur l'échelle de Richter et un épicentre situé à Thenia, à seulement une soixantaine de kilomètres à l'est d'Alger, il aurait pu avoir des conséquences encore plus graves si on le compare avec celui qui a ravagé Bam (Iran) le 26 décembre 2003, de même force. Le Nord de l'Algérie, au plus près de la côte, est situé sur une faille très active due au rapprochement entre les plaques européenne et africaine, la seconde remontant vers la première en se glissant sous elle. Le pays a déjà connu de nombreux séismes dans le passé : Alger a été détruite en 1716, Oran en 1790, Chlef en septembre 1954 (Orléansville) puis en octobre 1980 (El-Asnam), etc. Le dernier séisme le plus important en date a eu lieu en mai 2016, il était de 5,3 sur l'échelle de Richter ; bilan : 65 blessés et de nombreux dégâts matériels.
Etonnamment, dans les forêts ou les zones boisées ayant été désertées pendant les années noires du terrorisme, la faune et la flore ont souvent repris leurs droits et certaines zones protégées voient les écosystèmes se renforcer.

Parcs nationaux

Les paysages et la faune d'Algérie sont protégés au sein de dix parcs nationaux qui manquent un peu de moyens.

Parc national de Tlemcen. Ce parc est l'un des plus récents. Il protège d'importants vestiges archéologiques et des sites spéléologiques : ruines de Mansourah, l'ancienne cité concurrente de Tlemcen, la mosquée de Sidi Boumediene, les cascades et les falaises d'El-Awrit, les grottes de Béni Aïd, les forêts d'Ifri et de Zariffet et Aïn Fezza. En projet : un centre d'études et le développement d'activités de découverte.

Parc national de Theniet El-Had. 3 616 ha. A la limite sud du grand massif de l'Ouarsenis et au centre de l'Atlas tellien, ce parc protège de très belles forêts montagneuses de cèdres et une faune très diversifiée. Possibilité de randonnées.

Parc national de Chréa. 26 000 ha. A 50 km au sud d'Alger, au coeur du massif de Blida, c'est un parc de montagne. A découvrir en particulier : le ruisseau des Singes, les gorges de la Chiffa, le sentier du col des Fougères et les forêts de cèdres millénaires au cours de courtes randonnées pédestres. Station de ski à Chréa et écomusée.

Parc national du Djurdjura. 18 500 ha. Situé dans une région montagneuse très accidentée. C'est un parc de sommets enneigés, de rivières hivernales et de forêts silencieuses, de gorges et gouffres très importants, de vallons, d'un lac et de hauts plateaux. Espèces animales : singe magot (une espèce rare de macaque), aigle botté, sanglier, hyène rayée, faucon, rossignol, héron centré, perdrix et même loup...

Parc national de Gouraya. 2080 ha. Dans la wilaya de Bejaïa, il présente des richesses archéologiques et esthétiques exceptionnelles : site historique, pic des Singes, fort de Gouraya, la promenade de cap Carbon, les merveilleuses falaises.

Parc national de Taza. 300 ha. Dans la wilaya de Jijel, il protège des paysages d'une rare beauté, des forêts humides et des plages sablonneuses, la corniche de Jijel avec ses grottes merveilleuses dont il ne reste pas grand-chose, des falaises, des gouffres... Ce parc abrite près d'une trentaine de mammifères dont le singe magot et des oiseaux dont le plus bel exemplaire est la sittelle kabyle, un passereau très rare endémique de l'Algérie.

Parc national d'El-Kala. 80 000 ha. Il est composé d'un ensemble d'écosystèmes particuliers caractérisés par des zones humides dont la diversité est unique dans le bassin méditerranéen (lacs Oubeira, Mellah et Tonga). Ce parc a été classé en 1990 sur la liste du patrimoine national et réserve de la biosphère par l'Unesco.

Parc national de Belzma. 7 600 ha. Créé en 1984, il est situé dans la wilaya de Batna.

Parc national du Tassili. 100 000 ha. Ce parc, malheureusement fermé aux touristes étrangers en raison de la situation sécuritaire au Mali, a été classé patrimoine mondial en 1982 par l'Unesco et réserve de l'homme et de la biosphère en 1986. S'il possède un caractère archéologique par le nombre de ses gravures et peintures rupestres qui en font le premier site mondial, il protège également une flore comme le cyprès de Duprez (tarout) dont il reste un peu plus de 200 exemplaires vivants et une faune peu visible mais diversifiée (mouflon à manchettes, gazelles, poissons, etc.). Djanet et ses trois ksour en ruine font partie du parc.

Parc national de l'Ahaggar (Hoggar). 380 000 ha. Ce parc, malheureusement fermé aux touristes étrangers en raison de la situation sécuritaire au Mali, est classé pour ses richesses archéologiques et historiques, sa faune, sa géologie et ses paysages grandioses. Certains sites archéologiques (grottes, abris, gisements de surface...) datent de 600 000 à 1 million d'années et témoignent des premières manifestations humaines et pré-humaines.

Faune et flore
Coquelicots au printemps
Coquelicots au printemps
Faune

En voyageant à travers l'Algérie, on croise à coup sûr sur le bord de la route des moutons, des chèvres, des chevaux, des dromadaires et des bourricots, un petit âne robuste qui se prête à tout en se faufilant partout. Dans le Nord, les campagnes sont hantées par le renard, le chat sauvage, la belette, la hyène rayée, le lièvre ou le chacal et plus dangereusement le sanglier qui a profité de l'interdiction des armes de chasse dans les années 1990 pour prospérer jusqu'à s'approcher des villes et mettre en péril les cultures. Dans certaines zones forestières, on rencontre un singe typique d'Afrique du Nord, le singe magot. Les oiseaux (moineaux, pigeons, passereaux, étourneaux, rapaces, etc.) voient leur population s'enrichir du passage d'oiseaux migrateurs qui fuient l'Europe septentrionale en hiver, comme les cigognes. En descendant vers le sud, ce sont la gazelle, le mouflon à manchette, qui s'est réfugié dans les hauteurs escarpées, le chat des sables, la gerboise qui ne sort que la nuit et la gerbille qui ne boit jamais, le daman des rochers, un rongeur originaire d'Ethiopie, le rat des sables, le fennec, le guépard, le porc-épic ou le lycaon qui n'a pourtant pas été vu depuis 1988. Au début du XXe siècle, on y signalait encore des crocodiles ou des autruches. Le lézard fouette-queue est le seul à oser sortir en plein soleil, il se rafraîchit par ventilation. L'oiseau le plus célèbre est le moula-moula, un traquet à tête blanche porte-bonheur. Les insectes et arachnides, peu nombreux dans le désert, sont représentés par les mouches qui vous suivent partout, les moustiques près des points d'eau stagnante, les coléoptères dont l'un est surnommé " 4x4 " en raison de sa facilité à crapahuter dans le sable grâce à ses hautes pattes. On rencontre peu de scorpions qui, paraît-il, sortent entre 19h et 20h.

Flore

La végétation algérienne, du moins dans le Nord, est essentiellement de type méditerranéen, soumise au régime des précipitations. La forêt et le maquis du versant nord de l'Atlas tellien sont composés de chênes, de chênes-lièges, de chênes zéens, un chêne souvent centenaire au tronc droit qui peut atteindre 6 m de circonférence, de cèdres odorants, de pins d'Alep, de caroubiers, de lentisques, de bruyères ou d'arbousiers qui ont beaucoup souffert de la déforestation, industrielle, agricole ou stratégique - l'armée française puis algérienne ont utilisé les mêmes méthodes pour déloger les maquisards.
Le reboisement, amorcé en lisière de quelques parcs nationaux, est difficile à cause du manque d'eau et de l'érosion des sols. Sur les pentes de l'Atlas tellien, genévriers et végétation de type steppique se raréfient à mesure qu'on grimpe. Dans les plaines irriguées et protégées, les arbres fruitiers donnent des fruits toute l'année : amandiers (début avril), abricotiers (mai), cerisiers (juin), figuiers (juin à août), vigne (de fin juillet à septembre), poiriers, pommiers et pêchers (août), grenadiers (septembre) et orangers (novembre) tandis que les citronniers donnent toute l'année. On récolte également les noix, les châtaignes et les olives - les meilleures sont celles de la région de Sig dans l'Oranais. En Kabylie, la récolte d'olives est destinée à la production d'huile l'olive.
Les hauts plateaux, où le climat et le sol sont peu propices au développement de la végétation, sont le domaine de l'alfa et autres graminacées. Egalement appelé sparte, l'alfa est une graminacée dont les brins peuvent atteindre 1 m de longueur. Peu exigeante, la plante vivace de couleur jaune paille est exploitée en sparterie (fabrication de cordes, de semelles d'espadrilles ou de tapis) et en vannerie.
Dans l'Atlas saharien, on retrouve le cyprès, le térébinthe qui peut atteindre 20 m de hauteur, le palmier chamaerops dont les feuilles sont tressées en vannerie, l'arbousier, le sumac épineux dont l'écorce sert de teinture rouge, etc. La végétation des oasis, protégée du vent par des barrières artificielles, murs ou clôtures de palmes, et du soleil par le couvert des hauts dattiers, peut être très riche et variée. Parmi les plantations irriguées par de fragiles seguias (" rigoles ") comme dans les jardins plus avantagés du nord, on trouve autant de légumes que de fruits ou de fleurs et d'arbustes plus ornementaux (jasmin, bougainvillée, lantana, chèvrefeuille, bignone, passiflore, rosier, géranium, etc.) et de plantes aromatiques (menthe, basilic, thym, etc.). Les Algériens aiment leurs jardins...
Le Sahara, en dehors des oasis, est assez pauvre d'un point de vue végétal, simplement taché d'acacias dont les feuilles se transforment en épines pour limiter l'évaporation de l'eau, quelquefois d'oliviers sauvages et de maigres touffes d'herbes. Mais il suffit d'une averse pour qu'apparaissent les jours suivants une grande quantité de plantes dont les graines apportées par les vents n'attendaient que cette humidité pour germer. Se développent aussi des touffes vertes qui végétaient jusque-là (armoise, lavande, myrte, jujubier et coloquinte dans les oueds, rumex pourpre dans les montagnes, etc.) et qui, si elles semblent peu différentes les unes des autres, exigent une bonne connaissance de la flore pour en distinguer les propriétés. Parmi ces plantes, certaines sont étonnantes comme la rose de Jéricho qui sèche recroquevillée autour de ses graines et se déploie dès que l'eau l'effleure.
Les Touaregs connaissent encore les plantes souvent très parfumées et en ramassent pour aromatiser leur thé ou préparer une décoction aux vertus bénéfiques (chir, takmezout...). Certains oueds sont connus pour être couverts de lauriers-roses, simplement jolis puisque très toxiques.

Palmiers-dattiers. Le mot " datte " vient du latin dactylus, " doigt ", qu'on retrouve dans deglet nour (" doigt de lumière "), une grosse datte, claire et onctueuse, réservée en grande partie à l'exportation pour ses qualités de conservation ; dans deglet beïda (" doigt blanc ") ou mech degla, plus petite et sèche, consommée sur place : les ghars, fruits mous, sirupeux, très sucrés que l'on conserve en les comprimant et que l'on appelait naguère le " pain des caravanes " ou la deglet beïda. Il existe ainsi plus de soixante-dix variétés de palmiers-dattiers, et par conséquent de dattes, dont même les noyaux diffèrent.

Cet arbre, cultivé en Mésopotamie dès l'Antiquité, a été introduit au Maghreb par les Berbères qui eurent l'idée géniale de les planter en plein désert là où il y avait des sources. Ils venaient d'inventer les oasis.
Au frais sous son feuillage, on y cultive des fruits et des légumes. Le palmier-dattier n'est pas trop exigeant sur la quantité d'eau qui lui est nécessaire, ses racines qui plongent à la verticale du tronc pouvant boire jusqu'à dix mètres sous la surface du sol. Les nappes d'eau souterraines trop profondes et les sécheresses répétées nécessitent néanmoins que l'homme intervienne en lui apportant l'eau nécessaire à l'aide de motopompes ou de puits à balancier. Le palmier-dattier accepte également une eau faiblement salée, mais en cas de trop forte salinité, l'arbre meurt.
On compte en Algérie environ 7 millions de palmiers de rapport produisant plus de 100 000 tonnes de dattes, dont 40 % de deglet nour.
Pour obtenir un palmier-dattier productif, on repique un drageon prélevé sur un arbre femelle. Un noyau ne donnera qu'un arbre dégénéré et stérile. La pousse, plantée dans un trou d'un mètre de profondeur, est entourée de palmes sèches qui la protègent du vent et de la chaleur excessive. Il faut ensuite au moins dix ans de soins intensifs avant d'en récolter les fruits.
Et chaque année, au tout début du printemps, le plant femelle doit être fécondé artificiellement. L'insémination est pratiquée par le khammes qui prélève le pollen sur les rares plants mâles et le dépose dans les spathes (feuilles en cornet) de l'arbre femelle. La récolte s'effectue à partir de fin août et il faudra attendre novembre pour cueillir les régimes de deglet nour. Après la récolte des dattes, on coupe la collerette inférieure des palmes : la cicatrice laissée par cette opération forme ces sortes d'écailles étagées dont le nombre de cercles indique l'âge de l'arbre.
Les palmes sont utilisées pour confectionner des haies autour des jardins, chauffer les fours de potiers, fabriquer des ustensiles ménagers ou pour maçonner des plafonds ou des arcades. Le tronc sert aux charpentes ou, coupé dans le sens de la longueur et évidé, devient canalisation pour l'irrigation des jardins.
Le dattier, qui peut vivre jusqu'à 70 ans, est pleinement rentable entre 30 et 40 ans. Pour qu'une palmeraie vive, il faut savoir prévoir son renouvellement et son irrigation.

Dromadaire

Même si tout le monde l'appelle " chameau ", le mammifère ruminant présent dans le Sud algérien est bel et bien un dromadaire, car le territoire du chameau se limite à l'Asie centrale, celui du dromadaire à l'Afrique et à la péninsule arabique. L'introduction au Maghreb de ce représentant de la famille des camélidés, vers le IVe siècle, bouleversa les habitudes des nomades. Habitué aux chaleurs brûlantes et aux longues méharées, il remplaça le cheval et favorisa par son endurance les projets de conquête et d'échanges commerciaux des populations. Chez un dromadaire, tout fait l'objet d'un véritable respect qui confine au culte : le poil fournit lors de sa mue annuelle de quoi fabriquer de solides tapis et vêtements ; sa viande fort goûteuse et son lait, plus riche que celui des vaches et des chèvres, sont fort prisés ; sa proverbiale sobriété lui permet de rester jusqu'à quatre jours sans boire (sa bosse s'en ressent et diminue à vue d'oeil) ; son endurance lui permet de parcourir 150 km en une seule journée ; ses narines se ferment lorsque le vent se lève, ce qui permet à ce " vaisseau du désert " de ne pas s'arrêter lorsque souffle le sirocco ou de fournir un excellent rempart contre les éléments ; ses longs cils protègent ses yeux ; ses pieds, dotés de coussinets ronds, l'empêchent de s'ensabler ; ses excréments eux-mêmes s'avèrent salvateurs en cas de morsure de serpent ou de sinusite ! Voilà assurément des avantages qui compensent sa laideur, son caractère irascible, son haleine épouvantable et son appétit insatiable pour tout ce qui traîne (graminées, épineux, vêtements et chapeaux...).

Des tentatives pour introduire le dromadaire en Espagne et dans le désert américain sont restées vaines. Seule l'Australie, où l'animal a été introduit il y a un peu plus d'un siècle, compte encore environ 20 000 dromadaires vivant à l'état sauvage. De nos jours, il est toujours l'allié indispensable des nomades qui sillonnent le Sahara, même si les caravanes sont de moins en moins nombreuses. Ce " vaisseau du désert ", en plus de transporter les marchandises et les effets de son propriétaire et maintenant des touristes, lui assure une monte confortable quoique déroutante pour un novice.

Le criquet pèlerin (Schistocerca gregaria)

Mi-2004, les pays du nord de l'Afrique ont connu une invasion de criquets pèlerins et ont dû mettre en place une série de mesures antiacridiennes pour parer aux désastres commis par l'insecte qui peut ingurgiter jusqu'à quatre fois son poids. Les criquets jaunes (matures) sont un peu moins voraces que ceux de couleur rose (immatures). A l'origine du phénomène, les pluies qui ont créé une couverture végétale propice à la reproduction du criquet et à la formation d'essaims. Les criquets, après avoir atteint une masse critique, se déplacent " en bandes larvaires ou en essaims d'adultes " qui peuvent parcourir des milliers de kilomètres. On s'attaque à ces véritables nuages - punition divine dans la Bible - au moyen de pulvérisations d'insecticide, par avion pour les grandes surfaces à traiter.

Les dégâts de la dernière invasion de criquets pèlerins ont été évalués à 200 millions d'euros.

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